Les gammes enharmoniques
Vous allez comprendre comment 15 gammes se ramènent à 12 sons, et comment le cercle des quintes se referme sur lui-même.
On nomme gammes enharmoniques deux gammes dont les degrés correspondants sont en rapport enharmonique. Si besoin, relisez la leçon sur l'enharmonie, dans la 2e partie. Prenons do# majeur et ré♭ majeur : chaque note de l'une est l'enharmonique de la note correspondante de l'autre.
Utilité : 15 gammes pour 12 sons
Il y a 15 gammes majeures, et autant de mineures : 1 sans altération, 7 avec des dièses à la clé et 7 avec des bémols. Mais la gamme chromatique ne contient réellement que 12 sons, donc 12 points de départ. Comment est-ce possible ? Grâce à l'enharmonie, chacun de ces sons peut être la tonique commune de deux gammes enharmoniques entre elles. En majeur, trois paires se recouvrent ainsi, et de même en mineur :
| Gamme en dièses | Gamme en bémols | Total des altérations |
|---|---|---|
| si majeur (5 dièses) | do♭ majeur (7 bémols) | 12 |
| fa# majeur (6 dièses) | sol♭ majeur (6 bémols) | 12 |
| do# majeur (7 dièses) | ré♭ majeur (5 bémols) | 12 |
| sol# mineur (5 dièses) | la♭ mineur (7 bémols) | 12 |
| ré# mineur (6 dièses) | mi♭ mineur (6 bémols) | 12 |
| la# mineur (7 dièses) | si♭ mineur (5 bémols) | 12 |
Les deux branches qui se rejoignent
Disposez maintenant les gammes en deux branches à partir de do : la branche des dièses, avec sol, ré, la, mi, si, fa# et do#, et la branche des bémols, avec fa, si♭, mi♭, la♭, ré♭, sol♭ et do♭. Si l'on incline ces deux branches l'une vers l'autre, elles se rencontrent à l'enharmonie de fa# et sol♭. En s'entrecroisant, elles font apparaître d'autres enharmonies : do# rencontre ré♭, et do♭ rencontre si. On obtient ainsi le cercle des quintes.
En partant de do par l'ordre des dièses, on y revient par l'ordre des bémols : toute marche en avant dans l'ordre des dièses est une marche rétrograde dans l'ordre des bémols, et réciproquement.
Sens des aiguilles : on ajoute un dièse (quinte supérieure). Sens inverse : un bémol (quinte inférieure). En bas, les enharmonies relient les deux branches.
- Armure
- aucune altération
- Relatif
- la mineur, une tierce mineure au-dessous ; sensible sol♯ ajoutée accidentellement
- Tons voisins
- la mineur, fa majeur, sol majeur, ré mineur, mi mineur
- Repère
- gamme modèle sans altération
À quoi cela sert
Les gammes enharmoniques peuvent se remplacer réciproquement. On évite ainsi les tons contenant un trop grand nombre d'accidents et on rend la lecture plus facile. Plus largement, l'enharmonie est le complément du système tonal moderne : elle est le lien par lequel l'ordre des dièses s'enchaîne à l'ordre des bémols. Par elle, les gammes se pénètrent réciproquement, et, partant du même point par deux routes opposées, reviennent à leur point de départ au moment où elles en paraissent le plus éloignées.
Reproduisez le tableau des gammes relatives majeures et mineures et, en regard de chacune, écrivez sa gamme enharmonique.
Grâce à l'enharmonie, le cercle des quintes se referme. Dans la leçon suivante, nous verrons comment un morceau passe d'un ton à un autre en cours de route : c'est la modulation.